Les quartiers nord, un enjeu des prochaines élections
"Leurs noms résonnent comme autant de contestations : Courtilles, Mourinoux, Freycinet... les quartiers nord d'Asnières sont aujourd'hui l'objet de toutes les attentions préélectorales.
Et pour cause, à cet endroit vivent près de 25 000 habitants de condition modeste, soit un peu moins d'un tiers de la population asniéroise : un creuset important d'électeurs potentiels à convaincre en vue des prochaines élections locales. Les politiques locaux l'ont compris. Du coup, cette partie du territoire communal est particulièrement bichonnée. C'est ainsi qu'une poignée de jeunes repentis des dernières violences urbaines, emmenée par un employé municipal, s'est retrouvée à appeler les habitants au pied des cités pour les inciter à aller voter aux prochaines élections, il y a quelques jours.
Mais le petit jeu de séduction agace les gens du quartier, qui ne tardent pas à répliquer. A coup de tracts, Rachid Chetioui et Martial Makosso, deux citoyens des Courtilles, appellent à faire barrage à cette manoeuvre qu'ils estiment destinée à récupérer le vote communautaire : « Avec une forte population d'immigrés, nous sommes ciblés selon notre appartenance ethnique, religieuse ou sociale... Une politique menée afin de satisfaire chaque groupe selon ses intérêts, on manipule les électeurs. Stop au communautarisme, tous ensemble, refusons la relation clientéliste du citoyen en fonction de ses origines ou de ses appartenances. »
Et de dénoncer : « La régie de quartier a été incendiée, et ça continue avec les feux de voitures... en réponse, on promet un local pour les jeunes pour éviter le pire... quel avenir pour nos enfants ? » Les deux citoyens, qui sont rompus aux campagnes électorales - ils ont soutenu Mohamed Bentebra, un proche de Francis Pourbagher, ex-directeur de cabinet, aux dernières cantonales - mais en sont aussi revenus, n'ont pas encore décidé vers quel candidat ils porteront leurs voix. Mais si la mobilisation prend forme, les quartiers nord risquent de créer la surprise lors des prochaines élections."
Marisa Faion


France