Voici ci-dessous mon intervention en séance plénière du conseil Régional sur le budget sécurité dans le cadre de la séance budgétaire:
Conseil Régional d'Ile-de-France
Séance budgétaire – décembre 2006
Monsieur le Président, mes chers collègues,
En préparant mon intervention, je n'ai pu que me résoudre à constater une évidence : année après année, force est de constater que rien n'a véritablement changé en matière de lutte contre l'insécurité dans notre pays.
La situation a si peu évolué que nous pourrions nous contenter de reproduire mots pour mots nos interventions prononcées en janvier 2006.
A l'époque, que disions-nous alors ?
Nous regrettions l'inefficacité de la politique de la droite qui, n'assumant pas ses responsabilités, s'évertuait déjà à réclamer un renforcement généralisé de sa politique répressive, s'enfonçant ainsi toujours un peu plus dans l'erreur.
Depuis, les choses n'ont pas évolué : Nicolas Sarkozy continue à surfer sur un populisme pénal qui stigmatise plus qu'il ne résout les facteurs de délinquance, les chiffres des violences physiques contre les personnes continuent à augmenter - + 9,9% en un an, comme l'indiquent les chiffres rendus publics par l'Observatoire National de la Délinquance – et les collectivités, comme le Conseil régional, se retrouvent bien seules face à un problème, la sécurité publique, qui est pourtant du domaine régalien de l'Etat.
Malgré la multiplication de projets de loi tous plus démagogiques les uns que les autres, le Ministre de l'Intérieur s'est avéré incapable de trouver les bonnes réponses en matière de politique de l'insécurité.
Ce constat d'échec, nous ne sommes pas les seuls à le faire.
C'est aussi l'avis de la commission parlementaire du Sénat qui a plaidé récemment pour la remise en place d'une véritable police de proximité plutôt que pour la poursuite de la politique répressive de Nicolas Sarkozy.
C'est surtout l'avis de millions de franciliens qui malgré l'agitation permanente du Ministre de l'Intérieur, se rendent bien compte que la délinquance ne baisse pas, que les commissariats sont vides et qu'aucune politique de prévention n'a véritablement été mise en place par l'Etat.
L'action du Ministre de l'Intérieur n'a servi qu'à réduire les effectifs de policiers là où ils sont les plus nécessaires, qu'à supprimer la police de proximité, qu'à mépriser les besoins éducatifs et à ignorer les élus locaux et les collectivités locales qui étaient prêts à s'engager à ses côtés.
Ainsi donc, d'une année à l'autre, les choses ne changent pas : Le gouvernement est aux abonnés absents pendant que, de notre côté, nous tentons tant bien que mal de prendre notre part dans la lutte contre l'insécurité.
Grâce aux financements régionaux et rien que pour l'année 2006, 158 lycées franciliens ont pu s'équiper en matériel de sécurité, quatre points d'accès au droit ont vu le jour et surtout 6 commissariats ont été créés et deux rénovés dans le cadre de la convention signée avec le Ministère de l'Intérieur.
Le groupe socialiste ne peut que se féliciter de ce bon bilan pour l'année 2006.
Et à la lecture de la proposition de budget pour 2007, nous affirmons notre volonté de maintenir l'effort financier sur le chapitre « sécurité ».
Pour l'année qui vient, ce sont ainsi plus de 5M¤ qui seront engagés pour la sécurisation des lycées, plus de 9M¤ qui seront investis pour la création ou la rénovation de locaux de police ou de gendarmerie, près de 3M¤ qui seront consacrés à l'amélioration de l'accès au droit et 16M¤ qui iront directement financer la sécurisation des transports en commun de notre Région.
A cela s'ajoutent les aides aux actions de prévention et aux associations qui contribuent à une vision équilibrée de la lutte contre l'insécurité.
En poursuivant une démarche partenariale avec l'ensemble des acteurs publics, l'Exécutif régional persiste à créer les conditions d'une meilleure efficacité des pouvoirs publics dans la lutte contre la délinquance.
Ainsi, Monsieur le Président, mes chers collègues, l'action de la Région ne se contente pas de belles paroles. Elle se traduit concrètement dans la vie quotidienne des Franciliens quel que soit l'âge, le quartier dans lequel ils vivent. Ce budget en est la preuve.
Cependant, il se pose aujourd'hui une vraie question, celle de la limite de notre action.
En s'engageant sur une compétence régalienne de l'Etat, la majorité régionale a souhaité participer – à son niveau – à la mobilisation nationale pour garantir une meilleure sécurité pour tous.
Mais quelle est l'efficacité de nos investissements quand nous finançons des commissariats qui ne sont pas dotés d'effectifs suffisants pour assurer leurs missions ?
L'Etat doit assumer sa part de responsabilité en matière de lutte contre l'insécurité. Cela était vrai hier, cela l'est encore plus aujourd'hui.
Monsieur le Président,
C'est sur cette interpellation et en souhaitant, comme l'année dernière, qu'un effort particulier puisse être fait pour favoriser les actions de citoyenneté – ce sera l'objet d'un amendement de notre groupe -, que le groupe socialiste se félicite des orientations qui sont proposées dans ce budget et vous assure de son soutien plein et entier.
Je vous remercie.